01.06.2009

De médiocrité

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Me voilà assaillie de la pire des craintes, celle d'être médiocre, d'autant qu'elle concerne un domaine dans lequel je me sens d'ordinaire assez confiante.

En lisant un petit livre sur Lynch, l'auteur, Thierry Jousse, évoque une des premières oeuvres du réalisateur, The Grandmother, l'histoire d'un jeune garçon persécuté qui s'enferme dans sa chambre pour y recréer "une sorte de monticule de terre bientôt métamorphosé en sculpture organique et suintante qui finit par se transformer en une grand-mère muette et bienveillante".

Sur les deux niveaux de lecture possibles, un seul m'est venu à l'esprit, celui de la transposition à l'écran d'un processus psychologique visant à créer une figure affective nécéssaire dans un environnement hostile.

Par contre, la première lecture, somme toute évidente, de la "constitution d'une figure d'artiste" (le personnage se réfugie dans la création, ce qui est quand même à l'origine de toute production artistique) ne m'avait pas effleurée.

J'ai une excuse, je n'ai pas vu le film dont il est question et je sais suffisamment que l'on est toujours guidé au cinéma et les multiples points de vue échappent rarement aux spectateurs attentifs.

Par contre, ça confirme que je manque cruellement d'une chose que je saurais mal expliquer. Je me perds instantanément en interprétations psychanalytiques sans considérer en premier lieu le sens le plus concret, celui issu des actes. C'est un défaut, ça veut dire qu'on ne voit les choses qu'en les interprétant, on ne les voit pas telles qu'elles sont véritablement présentées. Et si l'interprétation n'est pas souvent fausse, ce sens premier est tout aussi nécessaire dans une analyse intelligente et juste.

Donc je me sens bête depuis maintenant deux heures et j'aime pas trop ça.

Par contre, j'ai aussi relevé une erreur messieurs les éditeurs, si Laura Harring est bien une des deux femmes de la couverture, la seconde n'est pas Naomi Watts mais Melissa Georges. (je n'aime pas quand il y a des fautes dans les livres, même des coquilles, ça me donne ensuite l'impression que tout est une mauvaise imposture de faussaires débutants et je deviens excessivement méfiante sur le contenu après).

Les citations de Thierry Jousse sont issues de son ouvrage sur David Lynch édité pas les Cahiers du Cinéma.